Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke utilisent l’ARN pour corriger des défauts génétiques liés à des maladies neurologiques rares

Auteur: Yassine El Bakkouri
Une nouvelle étude du laboratoire de Dr. Benoit Chabot, membre du Groupe ARN de l’Université de Sherbrooke et du Réseau DePTAQ, a été publié dans le Molecular Therapy: Nucleic Acids.
Cette recherche apporte un éclairage nouveau sur les mécanismes moléculaires à l’origine de certaines maladies neurologiques rares associées à des mutations du gène POLR3A.
Ces mutations sont notamment associées aux leucodystrophies hypomyélinisantes, mais également à un spectre plus large de troubles neurologiques et systémiques. Il est important de comprendre comment les différentes mutations du gène POLR3A altèrent son expression afin de mieux élucider les mécanismes pathogènes à l’origine des maladies liés à POLR3A.
Les chercheurs ont étudié si certaines mutations faux-sens pouvaient perturber l’épissage de l’ARN, un processus clé de l’expression des gènes qui permet de transformer un pré-ARN messager en ARN messager fonctionnel. L’équipe a utilisé le système CRISPR-dCas13Rx de la plateforme DePTAQ, afin d’analyser différentes régions du gène POLR3A contenant des mutations associées à la maladie.
Les résultats montrent qu’environ 20 % des régions d’exons hébergeant des mutations faux-sens influencent l’épissage de l’ARN, entraînant la production de transcrits anormaux. Ces effets ont été confirmés par des essais de minigènes.
De façon importante, les chercheurs ont également identifié certaines régions introniques qui, lorsqu’elles sont ciblées par les complexes guides dCas13Rx, permettent de corriger les défauts d’épissage.
Sur cette base, l’équipe a développé des Oligonucléotides antisens (ASO) dérivés des ARN guides utilisés. Ces molécules ont permis d’améliorer l’épissage correct dans des lignées cellulaires humaines.
Ces résultats suggèrent que les défauts d’épissage représentent un mécanisme pathogène important mais probablement sous-estimé dans certaines maladies associées à POLR3A. Ils mettent également en évidence le potentiel thérapeutique d’approches basées sur l’ARN, telles que CRISPR-dCas13 et les ASO, pour corriger ces anomalies.
Plus largement, cette étude illustre comment les technologies d’édition et de modulation de l’ARN développées au sein de l’écosystème de recherche en ARN québécois contribuent à faire émerger de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les maladies génétiques rares.
Consultez l’article scientifique complet ici : https://doi.org/10.1016/j.omtn.2026.102850
RNA-based discovery and correction of splicing defects caused by POLR3A missense mutations
Note sur l’auteur

Benoît Chabot, PhD
Professeur, Faculté de médecine et des sciences de la santé
Université de Sherbrooke
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Dr Panagiotis Prinos, PhD
panagiotis.prinos@mcgill.ca

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